Le diplôme d’expertise comptable (DEC) représente le sommet de la filière comptable française. Ce diplôme ne porte pas de grade universitaire au sens LMD, mais il constitue la qualification professionnelle finale, celle qui ouvre l’accès à l’Ordre des experts-comptables. Pour y parvenir, le parcours combine trois diplômes successifs, un stage rémunéré de trois ans et la soutenance d’un mémoire.
Ce que le DEC exige avant même de s’y inscrire
Le DEC n’est pas un examen auquel on se présente après un cursus classique. L’accès suppose d’avoir validé deux diplômes préalables et d’avoir accompli un stage professionnel encadré.
Le DCG (diplôme de comptabilité et de gestion) correspond au grade licence. Il couvre les fondamentaux : droit, fiscalité, comptabilité générale et approfondie, contrôle de gestion. Ce socle technique se prépare en trois ans après le baccalauréat.
Vient ensuite le DSCG (diplôme supérieur de comptabilité et de gestion), qui détient le grade master. Le programme approfondit la consolidation des comptes, l’audit, la finance d’entreprise et le droit des sociétés. Une fois le DSCG obtenu, le candidat peut entamer le stage de trois ans obligatoire pour se présenter au DEC.
La différence entre expert-comptable et commissaire aux comptes se cristallise d’ailleurs à ce stade : les deux professions partagent le même socle de formation, mais les missions, les responsabilités et les conditions d’inscription divergent après l’obtention du DEC.

Stage DEC : trois ans de pratique rémunérée en cabinet
Le stage réglementaire est souvent mal compris. Ce n’est pas un stage étudiant : le stagiaire est salarié d’un cabinet d’expertise comptable, sous la supervision d’un maître de stage agréé par l’Ordre.
Pendant ces trois années, le stagiaire traite des dossiers réels (révision, fiscalité, conseil) et rédige des rapports semestriels. Ces rapports intègrent progressivement la préparation du mémoire, notamment le choix du sujet et l’élaboration du plan. Le sujet du mémoire gagne à être relié à une problématique rencontrée en pratique, ce qui donne au travail une dimension concrète appréciée par le jury.
Le stage peut aussi comporter une période à l’étranger, sous conditions validées par l’Ordre. Cette possibilité reste peu connue alors qu’elle permet d’élargir le champ d’expertise, notamment en normes IFRS ou en fiscalité internationale.
Ce qui se passe après le stage
La fin du stage ne signifie pas que le DEC est acquis. Le candidat qui n’a pas encore soutenu son mémoire ou validé toutes les épreuves poursuit la préparation en tant que mémorialiste. Cette phase peut durer plusieurs mois, parfois plus d’un an.
Les épreuves du DEC comprennent trois volets :
- Une épreuve écrite portant sur la réglementation professionnelle et la déontologie de l’expert-comptable
- Une épreuve écrite de révision légale et contractuelle des comptes
- La soutenance du mémoire, qui évalue la capacité à traiter une problématique technique en profondeur et à la défendre devant un jury
Inscription à l’Ordre des experts-comptables : ce que le DEC ne fait pas seul
Obtenir le DEC est nécessaire, mais pas suffisant. L’inscription au tableau de l’Ordre conditionne le droit d’exercer en tant qu’expert-comptable. Sans cette inscription, le diplômé ne peut pas signer de comptes, ouvrir un cabinet, ni utiliser le titre.
L’inscription implique de respecter des obligations déontologiques permanentes : formation continue, assurance responsabilité civile professionnelle, respect du code de déontologie. Le titre d’expert-comptable n’est donc pas un diplôme figé, mais un statut professionnel actif, conditionné par des engagements renouvelés chaque année.
Pour ceux qui visent le commissariat aux comptes, un parcours complémentaire existe après le DEC. Les deux professions partagent la même formation initiale, mais le commissaire aux comptes intervient dans un cadre légal distinct, centré sur la certification des comptes.

Passerelles vers le DEC sans reprendre tout le cursus
Le parcours DCG-DSCG-DEC n’est pas la seule voie. Plusieurs diplômes ouvrent droit à des dispenses d’épreuves, ce qui réduit la durée du cursus :
- Un master CCA (comptabilité, contrôle, audit) donne droit à des dispenses d’épreuves du DSCG, ce qui réduit significativement le nombre d’unités à valider
- Certains diplômes d’écoles de commerce reconnues par l’État donnent des dispenses partielles au DCG ou au DSCG
Ces passerelles permettent à des profils variés (universitaires, écoles de commerce, reconversions professionnelles) de rejoindre la filière sans repartir de zéro. Le volume d’épreuves restant à valider dépend du diplôme détenu et des unités d’enseignement déjà acquises.
Objectif professionnel et niveau de diplôme à viser en comptabilité
Tous les métiers de la comptabilité ne nécessitent pas le DEC. Un collaborateur en cabinet ou un comptable en entreprise exerce avec un DCG ou un DSCG. Le DEC ne se justifie que pour exercer en libéral ou accéder à des fonctions de direction dans un cabinet.
Le DCG ouvre les postes de comptable général, assistant en cabinet, gestionnaire de paie. Le DSCG permet d’accéder à des fonctions d’encadrement : chef comptable, responsable administratif et financier, auditeur junior. Le DEC, lui, donne accès au titre d’expert-comptable et, par extension, à celui de commissaire aux comptes.
La rémunération du stage et les perspectives salariales en cabinet ou en entreprise évoluent à chaque palier, ce qui rend chaque diplôme intermédiaire directement valorisable sur le marché de l’emploi.



